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CETTE BONNE VIEILLE FAMILLE
VALDÔTAINE
Repas dansant du 1er octobre 2006 |
C’est dimanche.
Paris se méfie des orages. Il pleut. Nous sommes en fin de
soirée . Il faut bien que la terre boive et nous aussi. Je
relis mes p’tites notes, bien que tout soit lové dans mon
cœur et dans ma tête.
MA CARTE POSTALE
Une grosse
masse nuageuse occulte nos belles montagnes, comme si elles
se cachaient pour revêtir leur magnifique habit d’automne et
cette polychromie sublimée lorsque le soleil reviendra ! Un
premier octobre bien arrosé ! Les pommes tombent sur
l’herbe que je n’ai pas eu le temps de tondre. Tout un clan
d’étourneaux s’abat en trombe sur les poiriers ! Les
dernières roses de l’automne resplendissent cependant sous
le ciel gris… Elles sont plus belles que jamais… Six brebis,
futures mères, paissent dans le pré d’à côté, égrenant les
quelques notes musicales de leur clochette au moindre
mouvement, jour et nuit ! Puis elles chôment et l’on
n’entend plus que le silence. Demain, un agneau nouveau-né,
tout doux, se dressera sur ses p’tites pattes. Il entamera
son destin d’agneau !
Bonjour chers
amis Valdôtains et Valdôtaines,
Encore une fois
je viens vers vous pour vous rendre « conte » d’une bonne
journée séeraine passée ensemble, en pensant bien fort à
tous ceux qui travaillent ou habitent trop loin pour nous
rejoindre. Nous sommes cent vingt, tout de même, au Foyer
Rural du village. Les tables sont fort bien dressées, et
les couleurs agréables à l’œil, grâce au dévouement de nos
chers organisateurs (en français « le masculin » l’emporte,
mais il y a aussi du « féminin-pluriel » parmi eux).
Notre
Présidente, Jacqueline Viérin-David nous accueille en
rendant tout d’abord hommage à Madame Lucie Vaser, qui est
partie dans l’autre monde, ainsi qu’à feu son époux. Ils
furent de véritables pionniers pour l’aide aux émigrés
valdôtains dans le besoin, immédiatement après la guerre
(celle de 39-45 évidemment !). Lucie participa énormément à
l’organisation et au développement du Jardin Botanique « Chanousia »
au Col du Petit Saint-Bernard dont je vous parlais dans
l’une de mes premières chroniques.
Après un
copieux et excellent repas, Julien notre jeune
accordéonniste moustachu et les Citharins ouvrent le bal sur
l’air « d’Un Gamin d’Paris ». Déjà, deux, trois couples
s’élancent sur la piste. Un air de valse les emporte faire
un p’tit tour « Sous les Ponts de Paris » (ceux d’hier, pas
d’aujourd’hui). Suivi, bien sûr de tout plein de chansons
valdôtaines et savoyardes, si typiquement montagnardes,
notamment La Piemontesina que tout le monde aime tant, ici
:
« Addio bei
tempi passati, mia piccola amica ti devo lasciare
Gle studi son già terminati, abbiamo finito cosi di sognar
La gioventù non torna più, parto col pianto nel cuor
A Torino ho lasciato mio amor… »
Après avoir
visé, de mon numérique tout neuf, chaque table de convives,
vers les seize heures, je ne savais guère sur quel pied
danser… mon cher homme étant dans un fauteuil roulant depuis
l’âge de vingt deux ans, brisé par une autre et certaine
guerre ! Pour ne pas le contrarier ni lui faire de peine,
j’hésite toujours un peu avant d’accepter une invitation. Et
puis, l’âge venant, le cœur lésé par des années de
contrariétés, je n’ose même plus guère danser. Dansez, chers
amis. J’aime vous voir heureux ! Roméo et Juliette
(Catherine) sont arrivés d’Aosta !
Equipée de ce
merveilleux outil (l’appareil photo numérique que je
souhaitais depuis longtemps pour son rôle tellement
pratique), je prends un maximum de clichés dans tous les
sens et j’espère bien que notre ami Jean-Pierre Réal, à
Paris, saura sélectionner les meilleurs pour vous les offrir
sur le Site, car je ne suis pas encore performante. J’espère
que nul ne m’en voudra. La prochaine fois, vraiment, je
ferai bien mieux. Enfin… j’espère !
C’est avec de
plus en plus de joie que je prends part, grâce à ma
belle-maman valdôtaine, à cette bonne vieille famille que
vous constituez tous. Qu’elle soit d’ailleurs, répandue sous
les couleurs de diverses bannières. Vous êtes là, quelque
part, dans vos vies présentes, vos légendes, votre histoire
familiale, mais surtout fiers de votre généalogie
ascendante. Je le sais. Je m’en imprègne comme si elle était
un peu mienne, avec ma propre sensibilité, via l’organe le
plus émotionnel qui soit : mon cœur !
Ces bons
moments de convivialité nous font volontiers oublier les
soucis (excepté certains d’entre nous ayant peut-être un peu
plus de difficultés pour cacher leurs déconvenues ou leurs
peines), ainsi que les nombreux travaux d’automne, au
jardin ou dans les champs, sous des étoiles qui ne sont
« jamais à la même place »… Et puis, dansons, dansons
pendant que ça tourne rond. « Domani è un altro giorno sotto
lo stesso Cielo! »
La jeune relève
n’est pas plus haute que trois pommes, pour le moment. C’est
une « denrée » rare dans les rassemblements de ce genre. Les
personnes dévouées se fatiguent parfois. Nous leur devons
beaucoup de reconnaissance ! Ils nous le donnent bien : par
leur gentillesse, leur chaleur et leur amitié. C’est un
véritable diamant dans notre cœur et au fond de nos yeux, à
notre époque bouleversée !
« Un seul être
nous manque et la terre est dépeuplée ! »…
J’espère que
vous me pardonnerez ces longs récits discursifs, j’ai tant
de choses à vous dire. Vous avez bien compris que ma tête
déborde de compréhension et de compassion ! Ciao a tutti !…
…et
puis, voici une rose de notre Jardin !
le Site de l’ASSOCIATION
VALDÔTAINE DE SAVOIE :
Michèle
MacHenin-Murzilli
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