C’est une grande
et importante tradition Alpine qui nous a amené à mieux
connaître ce qu’est véritablement la « Bataille des
Reines » en Vallée d’Aoste et dans les Alpes, en
général.

La lutte
Un monde fou et
coloré sur les gradins ou bien sur l’alpage, pour voir ça :
que ce soit en Vallée, en Valais ou en Haute-Savoie et même
entre les deux, comme pour la Fête des Bergers, au Col du
Petit Saint-Bernard, près de chez nous.

Antagonisme
Généralement,
les Reines qui vont s’affronter lors des concours,
appartiennent, depuis de nombreuses années, à plusieurs
races appréciables pour ce genre de sport (car c’est un
sport pour elles) pour leurs forces et leurs formes :
trapues, musclées, le jarret solide, le sabot court et fort
bien adaptés pour leur équilibre, même lorsqu’elles se
trouvent en terrain particulièrement accidenté, prouvant
leur agilité et leur adresse. Elles représentent, alors, les
meilleurs espoirs pour chaque éleveur ou éleveuse
incroyablement motivés.

L'attente

L'escrime

La passion
Le classement
des animaux se fait dès le matin : pesée, contrôle
vétérinaire, dernier vêlage, la vache doit être gravide.
Puis c’est l’attente, au calme, dans un enclos. La foule
arrive et déjà les animaux commencent à s’exciter. Lorsque
le propriétaire peut amener son animal sur le terrain, elle
va déjà se préparer à sa façon, selon son caractère plus ou
moins agressif.

les muscles et la puissance

Deux numéros à surveiller
Elles
s’observent déjà, de loin. Afin de contenir leur agitation
et, bien sûr, d’augmenter leur excitation, elles frottent
leur museau et leurs cornes contre le sol, grattent
furieusement le terrain de leurs sabots en projetant des
mottes de terre. Déjà elles sont très impressionnantes.

Seule dans
l’arène
Lorsqu’il s’est
ainsi préparé, l’animal attaque très rarement sur le côté,
avec traîtrise, mais de front. L’on pourrait même dire que
ces animaux-là ont quelque chose de particulier. Ils ont une
attitude chevaleresque.

Sous le regard de l'homme
Comment
obtient-on une « Rèina » ? Difficile à dire, parce
que chaque éleveur ou éleveuse a ses secrets et, c’est comme
pour les champignons, on ne dit pas comment on fait pour en
avoir autant, dans son panier… Dans tous les cas, c’est une
alimentation saine et équilibrée qui constitue la beauté et
la santé de l’animal. Et puis, généralement, la volonté du
Maître !…

Le moment
décisif
En principe, ce
sont des éleveurs relevant de petites exploitations. Leur
tendance est, non seulement, de vouloir maintenir cette
grande tradition typiquement Alpine, mais aussi à
sauvegarder certaines races, particulièrement belles. Notons
surtout les : Grigio Alpina, Abondance, Hérens, Hinterwälder,
Pinzgauer, Rendena, Tarentaise (ou Tarine), Tiroler Grauvieh,
Valdotaine, Vorderwälder, ainsi que la Vosgienne.

Le début de
la fin
Ces races sont
d’origine française, italienne, suisse, autrichienne et
allemande.
Ainsi, lors de la grande offensive, la Bataille, l’on peut
voir (c’est le cas de le dire) s’affronter de magnifiques
spécimens, collectionneuses ou non de trophées. Leur poids
est très important et peut varier entre 470 kg et 570 kg.,
d’après mes tablettes. Une masse musculaire impressionnante.
Sportives et lutteuses à part entière, douées d’une belle
intelligence pour ne pas dire issues d’un bon dressage,
elles savent que leur éleveur compte sur elles, pour
triompher de leur adversaire.

désillusion
et bonheur
Certains
confondent « Bataille de Reines » tradition Alpine
bovine sportive qui ne donne pas du tout la mort de
l’animal, mais permet de faire une impressionnante
démonstration de force et de caractère. Et « Corrida » qui,
elle, met en jeu la vie de l’homme et de l’animal. C’est
aussi une grande tradition espagnole qui a sa noblesse, mais
elle est terriblement sanguinaire. De plus, ce ne sont pas
des vaches, mais des taureaux que l’on met à mort, après lui
avoir infligé énormément de souffrance. Je ne pense pas que
nos amis alpins supporteraient cette « barbarie ».

Prière à
genoux

Voici la
Reine
Nos
« Batailles de Reines » sont nobles et respectueuses de
l’animal qui donne toute sa fière beauté pour satisfaire son
éleveur. Elle mettra son adversaire à genoux ! Car l’animal
s’impose avec la puissance de sa tête et de son front, mais
elle ne blesse gravement, que rarement. Nous dirions, ce
sont des égratignures à côté de ce que subissent leurs
cousins espagnols. Et surtout, précieuses et nobles pour
leur lait, on ne les tue pas, on les cajole plutôt, on les
coiffe de couronnes de fleurs et de rameaux de sapin,
lorsqu’elles sont victorieuses.

Merci
Voici ! J’espère
que ce petit voyage au Royaume Alpin des Reines vous aura
fait plaisir. C’est en puisant au travers de la mémoire
identitaire montagnarde, fière, travailleuse, courageuse et
honnête, que j’ai pu faire ma petite récolte d’informations,
au cœur de cette merveilleuse « Petite Patrie
Valdôtaine » …
Michèle MacHenin-Murzilli
Copyright. Tous
droits réservés à l'auteur
Photographies de Daniele RONC (La Croix Noire 2007)